Le Syndicat national des bardages et vêtures isolés (SNBVI) propose d’explorer la problématique sismique autour des procédés de bardage rapporté. Cette facette de la réglementation, bien que connue, reste une partie dense des évaluations exigées dans le cadre de la mise en œuvre sur chantier des isolations thermiques par l’extérieur (ITE) en filière sèche.
Par le biais d’une série d’articles, le SNBVI va apporter une analyse détaillée de la réglementation en vigueur, va décrypter comment les bardages rapportés sont évalués face aux exigences parasismiques et quelles sont les dispositions constructives courantes permettant à cette partie d’ouvrage de limiter les désordres en cas de séisme.
Les dispositions constructives appliquées aux bardages rapportés au regard du risque sismique
Dispositions constructives minimales pour simplifier l’approche sismique de base Il faut rappeler que les exigences dans le bâtiment au regard de la sismicité sont définies dans la réglementation. Elles s’articulent autour de la définition des zones de sismicité et des catégories d’importance du bâtiment. Le Guide des éléments non structuraux explicite la base pour les bardages rapportés, notamment :
Application des règles parasismiques aux bardages rapportés selon la zone sismique et la catégorie d’importance du bâtiment
Évidemment, cette application des règles parasismiques fait l’objet d’une simplification permettant de passer d’une absence de justification particulière à une vérification systématique. Ainsi, en plus de l’exemption de justification lorsque le bardage rapporté possède une masse surfacique inférieure à 25 kg/m2 et est posé à moins de 3,50 m de hauteur, il est mis en place un certain nombre de simplifications.
Pour exemple, il est possible d’intégrer un bardage rapporté sans disposition complémentaire pour les établissements scolaires (appartenant à la catégorie d’importance III) remplissant les conditions du §1.1 des Règles PS-MI 89 révisées 92. Si certaines approches restent générales et applicables, quelle que soit la nature du parement, le traitement parasismique de la mise en œuvre du bardage rapporté est souvent adapté à chaque grande famille de parement. Les dispositions constructives les plus courantes traitent :
– des dispositions technologiques :
- Limitation de la longueur des pattes-équerres ;
- Utilisation éventuelle de profilés symétriques pour l’ossature secondaire ;
- Limitation des longueurs des montants d’ossature secondaire ;
- Limitation des dimensions et/ou de la masse surfacique du parement…
– des dispositions techniques :
- Limitation de l’entraxe de pose des pattes-équerres ;
- Limitation de l’entraxe de pose des montants d’ossature secondaire ;
- Pénétration minimale de la fixation du parement dans le montant d’ossature ;
- Absence de pontage des parements sur deux montants successifs…
Selon la nature des parements et sa traditionnalité, il est possible de retrouver ces dispositions constructives dans des documents techniques de référence à l’instar du Cahier 3747 du CSTB pour les clins et cassettes métalliques ou encore la note technique des bardages en tuiles de terre cuite en zones sismiques du CTMNC (Centre technique de matériaux naturels de construction).
Bien que ces dispositions constructives minimales permettent de traiter l’exigence sismique, elles ne permettent pas de répondre à tous les besoins (mise en œuvre pour des bâtiments de catégorie d’importance IV…).
Les essais sismiques pour caractériser pleinement les bardages rapportés –
Exemple des lames de bardage ST d’ArcelorMittal
Malgré toutes les dispositions constructives de base ou encore les justifications par calcul, il n’est pas possible de présager le comportement au séisme sans passer par l’expérimentation. Le Cahier 3725 du CSTB intègre le protocole d’essais sismiques.
Les caractéristiques des maquettes ainsi que leurs réactions au séisme permettent de dresser les prescriptions spécifiques de mise en œuvre propres au système évalué. Les documents techniques (ATec, DTA…) reprennent les éléments essentiels à la mise en œuvre du procédé de bardage rapporté.
Pour exemple, les lames ST d’ArcelorMittal ont fait l’objet d’un rapport d’étude de conformité au Cahier 3747 du CSTB intégrant les dispositions constructives pour la mise en œuvre en zone sismique issues d’essais selon le Cahier 3725 du CSTB (figures 1 et 2).
Mise en œuvre des lames ST en zone sismique
Dispositions constructives minimales des lames ST en zone sismique
Dispositions parasismiques pour les bardages en tuiles
Les procédés de bardages rapportés en tuiles sont considérés ductiles au sens du Guide des éléments non structuraux de 2014. Dans les zones où des dispositions constructives sont nécessaires (cf. tableau 2) et sous réserve de respecter les dispositions du Cahier 3316 V2, avec des pattes-équerres d’une longueur maximale de 200 mm et en fixant toutes les tuiles (cf. paragraphe 4), les bardages avec des tuiles de terre cuite de masse surfacique ≤ 75 kg/m2 peuvent être mis en œuvre sur des bâtiments avec parois en béton ou parois de constructions à ossature bois.
Le support devant recevoir le système de bardage rapporté est en béton banché conforme au DTU 23.1 ou en parois de COB conformes au DTU 31.2 et à l’Eurocode 8-P1. L’ossature du bardage rapporté est fractionnée au droit de chaque plancher.
L’entraxe de fixation est de 1 000 mm :
– Pour des pattes-équerres posées en quinconce sur paroi béton ;
– Pour des tirefonds dans les montants de paroi de construction à ossature bois, relevant du NF DTU 31.2.
L’entraxe entre chevrons est de 600 mm au maximum dans le cas d’une paroi en béton, et de 645 mm au maximum dans le cas d’une paroi de construction à ossature bois.
Les sollicitations appliquées aux chevilles métalliques et tirefonds sous charges sismiques doivent être calculées selon le Cahier 3725 de janvier 2013 chantier par chantier.
La fixation au gros œuvre béton est réalisée par des chevilles métalliques portant le marquage CE sur la base d’un ATE ou ETE selon ETAG 001-parties 2 à 5 (admis comme DEE) avec catégorie de performance C1 évaluée selon l’annexe E pour toutes les zones de sismicité et toutes les catégories d’importance de bâtiments nécessitant une justification particulière. Les chevilles en acier zingué peuvent convenir, lorsqu’elles sont protégées par un isolant, pour les emplois en atmosphères extérieures protégées, rurales, non polluées, urbaines et industrielles, normales ou sévères. Pour les autres atmosphères, les chevilles en acier inoxydable A4 doivent être utilisées.
Cet article est extrait du magazine 5Façades 167 disponible sur Calameo.




