Selon une étude de POUGET Consultants commandée par IGNES, la grande majorité des logements ayant fait l’objet d’un DPE restent vulnérables face aux fortes chaleurs, y compris parmi les biens récents ou bien classés énergétiquement.

C’est une étude dont les résultats sonnent comme un avertissement en cette période de vague de chaleur sur toute la France. D’après des travaux de POUGET Consultants, commandés par IGNES et portant sur près de 9 millions de DPE issus de la base de l’ADEME, 9 logements sur 10 ayant fait l’objet d’un DPE étudié ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs. Y compris les logements récents, relevant des réglementations RT 2012 ou RE2020, et ceux performants énergétiquement, classés A ou B.

Pire : tous DPE confondus, près d’un logement sur deux, soit 48,2 %, est considéré comme une « bouilloire thermique » au sens de l’indicateur, avec un classement jugé « insuffisant ». La raison est presque toujours la même : le manque de protections solaires, notamment sur les baies orientées sud, est et ouest. En outre, 95 % des logements ne sont pas équipés de brasseurs d’air, qui, s’ils ne font pas baisser la température, procurent une sensation de rafraîchissement. Dans le neuf construit selon la réglementation RE2020, pourtant plus exigeante, seul un logement sur cinq est considéré comme « bon ».

Des audits énergétiques qui délaissent le confort d’été

Même lorsque les logements sont performants sur le plan énergétique, le confort d’été n’est pas garanti. POUGET Consultants constate en outre que le nombre de logements classés « bon » reste très minoritaire et ne progresse pas au fil des années de construction, malgré le durcissement des réglementations depuis la précédente réglementation thermique, la RT 2012. Même les logements classés A ne sont pas épargnés : 42 % d’entre eux sont jugés insuffisants au regard du confort d’été.

Certaines grandes villes concentrent une part importante de « bouilloires thermiques ». C’est notamment le cas de Paris ou de Lille, où les logements classés « insuffisant » sont surreprésentés, à plus de 50 %. Mais l’étude cite aussi des villes qui ressortent mieux, comme Nice, Villeurbanne, Saint-Étienne, Annecy ou Tours.

L’étude déplore en outre que de nombreux logements aient été climatisés sans même que de premiers gestes aient été effectués, comme l’installation de protections solaires. « La fréquente absence des travaux de confort d’été dans les préconisations des audits énergétiques — réalisés notamment lors de rénovations globales et de ventes de passoires énergétiques — alerte sur une politique de rénovation qui délaisse ce sujet », note POUGET Consultants. Dans 60 % des cas, l’installation de protections solaires n’est pas préconisée pour les logements qui en sont insuffisamment dotés.

Globalement, l’indicateur de confort d’été n’est pas renseigné pour 38 % des DPE. Un taux qui atteint même 91 % pour les logements neufs.

Seule petite éclaircie : le taux d’erreurs dans le calcul de l’indicateur confort d’été baisse à 9 %, contre 26 % constatés en 2024. Un taux d’erreur qui reste « toutefois non négligeable », selon l’étude. POUGET Consultants précise toutefois que les résultats reposent sur la base DPE de l’ADEME et n’ont pas été redressés. Ils ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble du parc de logements français.