À Paris, rue d’Astorg (8ᵉ arrondissement), la réhabilitation du siège historique de Groupama, livrée en 2025 par Kardham, illustre une approche où l’enveloppe devient un levier central de transformation. L’intervention conjugue conservation de l’écriture d’origine et recomposition contemporaine, notamment à travers une extension en cœur d’îlot et un travail approfondi sur les façades et les espaces extérieurs.

Préserver et requalifier la façade existante
Construit à la fin des années 1950 par Ernest Couture, l’immeuble présentait une identité architecturale caractéristique de l’après-guerre. L’intervention a consisté à réhabiliter sans altérer la lecture originelle, en conservant les éléments structurants de la façade tout en améliorant ses performances.
Le projet s’inscrit ainsi dans une logique de transformation de l’existant, où la façade conserve son rôle de marqueur urbain tout en intégrant des exigences contemporaines en matière d’usage et d’efficacité énergétique.
Une extension bois qui recompose l’enveloppe
L’opération intègre une extension d’environ 1 000 m² en cœur d’îlot, conçue comme un prolongement léger du bâtiment existant. Cette intervention repose sur une structure bois associée à une exostructure métallique, avec des planchers en CLT.
Ce dispositif constructif permet de limiter l’impact structurel sur l’existant tout en introduisant une nouvelle écriture de façade. L’extension se distingue par une enveloppe plus ouverte, favorisant les vues et les continuités avec les espaces extérieurs.
Façades actives et relation au végétal
Le projet accorde une place importante à l’interface entre bâtiment et environnement, avec le développement de balcons filants végétalisés et de terrasses accessibles.
Ces dispositifs participent à la recomposition de la façade, en introduisant des strates végétales qui modifient la perception du bâtiment à l’échelle urbaine. L’enveloppe devient ainsi un support de biodiversité et de régulation climatique, tout en améliorant la qualité d’usage.
En toiture, une serre urbaine expérimentale prolonge cette logique, transformant le bâtiment en support actif de nouvelles fonctions, au-delà de son rôle initial.
Une façade au service de la performance environnementale
La transformation de l’enveloppe s’inscrit dans une démarche globale de réduction de l’empreinte carbone. L’amélioration des performances énergétiques passe par une approche combinant conception bioclimatique, optimisation des systèmes techniques et recours à des matériaux bas-carbone.
Le réemploi de matériaux existants — y compris des éléments intérieurs mais aussi des composants de second œuvre — participe à cette stratégie, en limitant les impacts liés à la production de nouveaux matériaux.
Une intervention entre continuité et transformation
Avec 17 050 m² réhabilités et une extension intégrée, l’opération démontre la capacité de la réhabilitation à recomposer l’enveloppe sans rupture. La façade devient le lieu d’un équilibre entre patrimoine et innovation, entre conservation et adaptation.
Dans un tissu urbain dense et contraint, cette approche illustre le rôle croissant de la façade comme interface technique, environnementale et architecturale, au cœur des stratégies de transformation du bâti existant.
Crédit : Kardham Groupama Astorg ©Gianluca Pavarini




